4 jours à Naples la volcanique

Coincée entre le volcan le plus dangereux du monde et la mer méditerranée, à deux heures de Rome, Naples surprend toujours. La mauvaise élève de l’Italie du sud a encore beaucoup à prouver pour se hisser à la hauteur de sa voisine, la capitale. Pourtant il serait dommage de passer à côté de cette ville trépidante qui vous fera vivre un séjour à la fois culturel et gastronomique entre mer et volcan.

 

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Depuis la gare Napoli centrale, traversez la piazza Garibaldi et remontez  la via corso Umberto I pour vous enfoncer dans les petites rues du quartier Spaccanapoli. A peine rescapé de cette avenue pas très intéressante en soi, vous baignez déjà dans l’ambiance Napolitaine ! observez le linge sécher aux fenêtres, les femmes se faire la conversation d’immeuble à immeuble, les commerçants s’interpeller comme s’ils se disputaient dans la rue, essayer d’éviter les scooters qui vous frôlent et de faire fi de la saleté et des poubelles qui s’amoncellent. Même si les alentours de Naples, ses îles, sa côte almafitaine, ses sites antiques, sont très attractifs, il serait dommage de ne pas s’arrêter dans cette ville chaleureuse et authentique.

#1# Parcours dans le centre historique

Déambuler au hasard des rues et se laisser porter par une ville inconnue, voilà le vrai plaisir du voyage ! Mais pour mieux structurer votre séjour, voici tout de même un petit itinéraire.

Spaccanapoli : le coeur historique de la ville ! Pour faire simple deux rues principales la traversent : la via dei tribunali et la via san biagio dei librai pittoresques, escarpées, animées dès 10h du matin, elles sont recouvertes de patisseries où s’entassent dans la vitrine une quantitée impressionnante de dolce (douceur), de glacier, de pizzerias et autres petites bicoques où vous pourrez manger sur le pouce, ainsi que des tas de boutiques artisanales, et quelques créateurs indépendants.

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Côté culture, c’est dans ce quartier que se trouve la magnifique capella Sansevero, une chapelle au décor baroque et à l’époustouflante sculpture du christ voilé de Sammartino. C’est si beau et fin que ça en parait réel ! Attention dans cette même chapelle, âme sensible, abstenez-vous de visiter la crypte où vous tomberez sur un étrange couple d’écorchés aux vaisseaux sanguins plus que visibles. Visitez aussi l’église San Lorenzo Maggiore sur la piazza San Gaetano qui contient à elle seule toute l’histoire de Naples de l’antiquité au 18esiècle. Enfin le bijou de Naples selon moi : sur la piazza del Gèsu Nuovo, via Benedetto Croce se trouve le cloître Santa Chiara planté d’orangers et de Glycines, et recouvert de magnifiques majoliques (faïences italiennes de la Renaissances) il est si paisible de s’y promener. Le musée compris dans le billet retrace avec précision l’histoire et l’évolution du Cloître. Sur la même place, visitez la chiesa del Gesù Nuevo, vaste église à croix grecque.  

le quartier espagnol : il vous suffit d’aller au bout de la via San biaggio dei librai pour tomber sur l’immense via Toledo qui marque la séparation entre le centre historique d’un côté et le quartier espagnol de l’autre. Se promener dans cette avenue, c’est accepter de mettre ses sens à rude épreuve : défilé incessant de voitures, foule sur les trottoirs, et magasins aux vitrines clignotantes. La via toledo est une artère historique mais est tout de même beaucoup moins pittoresque que les petites rues du centre. Elle est surtout intéressante si vous souhaitez faire une cession shopping où goûter quelques glaces. De l’autre côté de la via, promenez-vous dans les petites rues jour de marché, immersion garantie ! 

Mes bonnes adresses : pour boire un verre en soirée, je vous recommande de le faire autour de la piazza Vincenzo Bellini qui pullulent de petits bars cosy, de jolis cafés, dissimulés au bout d’une gallerie d’art où cachés dans le coin d’un jardin.

Mes deux bonnes adresses du centre historique :

Manger, boire un verre ou seulement discuter de Naples avec le patron super sympa, allez au restaurant vegan et sans gluten Oven au 10 au bout de la via san Piettro, avant de tourner sur la via San Sebastiano, régalez-vous dans d’un bon plat de pâtes, de frites faits maison qui changent des pizzas, goûtez les bieres ou les vins locaux. Vous pouvez prendre à emporter ou vous attabler dans la rue.

 

#2# Une journée dans une ville antique : Pompéi

#3# Ascension du Vésuve et découverte d’Herculanum

#4# Farniente sur l’île de Capri

Pigneto un petit bout de Berlin en plein coeur de l’Italie

La navette de l’aéroport me dépose à la gare Termini. A peine le pied à terre, je suis happée de plein fouet par une chaleur crasse et étouffante. J’entends un concert de klaxon, je sens l’odeur du goudron, je dois marcher jusqu’à mon hôtel, et sur la route, des images peu flatteuses me submergent : celles de façades délabrées, de vendeurs à la sauvette qui courent pour échapper aux policiers, celles d’une circulation infernale, de routes brûlantes qui semblent vomir des voitures à l’infini, d’une chaleur qui tombent sur mes épaules comme du plomb, où est passée Rome la romantique ? Celle où l’on crâne en vespa sur des rues pavées en traversant un marché aux fleurs? A peine arrivée, je suis déjà fatiguée par cette ambiance infernale, bienvenue en Italie du sud ! Heureusement, j’arrive dans ma petite pension, formidablement accueillie par mon hôte et me met rapidement en quête d’un peu de nourriture. Après le choix d’une pizzeria peu judicieuse, je m’aventure plus loin encore dans ces rues saccagées comme d’un marécage hostile. Je veux m’extraire de cette faune, je veux découvrir autre chose, quand tout à coup je tombe par hasard sur une rue extrêmement animée couverte de bars et de restaurants. A ma gauche, des jeunes habillés comme dans les années 70 s’enfoncent dans un étrange local qui semble une boite de nuit improvisée pour la soirée, plus loin, les terrasses sont bondées, la musique fuse, bienvenue à Pigneto! Un quartier légèrement excentré, à l’est du centre-ville, sorte de bulle bohème où toute la jeunesse perdue de l’Italie se donne rendez-vous pour faire la fête, être insouciant, artistique, et surtout fondamentalement vivant comme il est si bon de l’être en Italie.

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Qui aurait cru que c’est dans la ville qui concentre à elle seule tous les clichés sur l’Italie que je trouverai le quartier le plus atypique du pays ?! Peu de touristes osent jusqu’ici s’aventurer. Et pourtant que c’était agréable de m’extraire du stress de la ville et de tomber au détour d’un carrefour sur un karaoké improvisé dans un bar du quartier avec des jeunes qui rient en buvant du vin et en chantant du Georges Michael sous des lampions multicolores. Voilà déjà qu’on me sert du vin, je suis happée par l’énergie du groupe, j’ai l’impression de les connaître un peu..

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Je reviendrai à Pigneto tous les soirs, pour dîner, boire un verre, être surprise, et tous les soirs je reverrai les mêmes visages déambuler dans leur quartier et se l’approprier comme une collocation à ciel ouvert : la dame qui promène ses cinq chiens vers vingt heures, cette jeune Italienne aux cheveux affros et aux robes bariolés qui avait organisée le karaoké, cet Italien à l’air adolescent qui avait chanté au karaoké et qui caresse sous mes yeux les cinq chiens de la dame. Ils se connaissent tous. J’aimerais leur parler, les photographier, mais je me contente de les observer, et de jubiler intérieurement : c’est comme si j’avais un film sous les yeux. Il me suffit de marcher pour vivre d’autres scènes.

Un autre soir par exemple, je m’aventure un peu plus loin de la rue Pigneto, de l’autre côté de la voie de chemin de fer et dans une petite rue cachée, je tombe sur une sorte de spectacle étrange : des femmes sur des chaises prennent des poses lascives, elles semblent sur le point de se déshabiller mais ne le font pas, les gens applaudissent chaleureusement, puis un orchestre surgit et tout le monde se met à danser et à boire du vin dans la rue, empêchant presque les voitures de passer..A chaque fois j’ai l’impression d’être entraînée dans quelque chose d’inattendu, mais toujours dans une ambiance festive et bonne enfant.

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Au début de la rue Pigneto, l’ambiance est festive mais plus conventionnelle. Des bars à vins, restaurants se succèdent. J’ai testé un restaurant qui faisait un peu trop chic à mon goût et où je ne me sentais pas à l’aise, et juste à côté un bar qui proposait des menus burger + bière à 8euros à l’ambiance super sympa. Ici il y en a pour tous les goûts et les budgets, on cultive l’éclectisme! De l’autre côté de la voie ferrée, la rue Pigneto continue et offre de belles surprises : un petit glacier pas cher du tout et deux bars avec chacun un grand jardin ombragé décoré de jolies lumières qui donne un côté très bohème. Rosti contient même un espace jeu pour les enfants quand Necci dal 1924 propose des plats atypiques et une ambiance délicieusement sixties. Notez que le quartier contient aussi des cafés-librairies, un salon de coiffure-galerie d’art et un marché populaire à découvrir en matinée.

Si vous voulez découvrir un quartier alternatif, à la fois culturel et fêtard, qui sort des quartiers conventionnels et ultra touristiques du centre, allez jeter un coup d’œil à à Pigneto. Je crois que c’est dans ce quartier que j’ai vu la plus forte concentration de jeunes au mètre carré. Et tout le monde se mélange et se parle assez facilement sans se juger, c’est hyper agréable. A la base ce quartier très populaire tombait complètement en désuétude, maintenant on sent que la « boboisation »n’est pas loin, en témoigne les restaurants un peu plus chics du début de la rue. Notez pour finir que vous pourrez manger pour beaucoup moins cher que dans le centre, et si vous aimer le street art, comme tout quartier alternatif qui se respecte, vous ne serez pas déçu !

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4 jours à Rome au pays de la Dolce vita

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Quand on pense à Rome, on imagine une ville romantique et lancinante, à l’ombre de ses fontaines, bercée par ses ruines antiques et réconfortée par son riche passé historique, mais à peine sorti du bus, ce que vous avez sous les yeux, c’est surtout une ville infernale, grouillante de monde et de bruit et dont les façades des immeubles paraissent bien négligées. Rassurez-vous l’âme de Rome existe toujours, mais elle se cache bien! Le problème c’est que le bus de l’aéroport vient de vous déposer dans le quartier de la gare Termini qui n’est pas des plus romantiques. Il vous suffit de marcher un peu et de vous perdre beaucoup vous réussir à capter l’essence de cette ville unique au monde.

Comment rejoindre le centre-ville de Rome depuis l’aéroport Fiumicino?

Pour rejoindre le centre-ville de Rome depuis Fiumicino, préférez le bus au train, nettement moins cher, 6 euros au lieu de 14euros, et tout aussi pratique. Il vous amène à la gare Termini en une heure environ, pour 30 minutes en train. Si vous réservez sur internet, le billet est encore moins cher : 4euros ! Beaucoup de guides touristiques que j’ai lus déconseillent le bus soit-disant trop long, mais pour ma part je l’ai pris en plein mois de juillet et je n’ai eu aucun problème. Il y a des bus environ toutes les demie-heures, des trains tous les quart d’heure.

Où loger à Rome ?

Pour les hôtels, les prix sont très élevés dans le centre historique, même si c’est beaucoup plus pratique d’y loger pour être près des sites à visiter. Cependant, je pense que c’est aussi appréciable d’être un peu à l’écart de l’effervescence touristique pour se ressourcer en soirée et cela rendra l’expérience plus authentique. Du moment que vous êtes près d’une station de métro, vous rejoindrez le centre rapidement. Pour les voyageurs solitaires, sachez qu’il existe de nombreuses auberges de jeunesse à Rome. Pour les autres, beaucoup d’hôtels moins chers se trouvent autour de la gare Termini, mais le quartier n’est vraiment pas terrible, sale et bruyant. Préférez d’autres quartiers dans des pensions ou les bed and breakfast un peu excentrés où vous  pourrez échanger avec les Romains. Si vous choisissez tout de même un hôtel, et que vous partez à Rome l’été, choisissez-le avec piscine pour vous rafraîchir après vos escapades. Sachez qu’il existe aussi des campings (avec la piscine!!), peut-être une bonne alternative pour ne pas payer trop cher. Pour ma part, j’ai eu la chance de loger dans une pension près du quartier Pigneto, chez une sympathique Romaine, pleine de joie de vivre et de bons conseils, à 30 minutes à pied du Colisée ! Pigneto est un quartier alternatif, ultra vivant le soir, et plutôt jeune et branché, un véritable coup de coeur! J’en parlerai dans un autre article. Enfin vous pouvez aussi opter pour le airbnb et je pense que si vous restez une petite semaine, le mieux est de louer un logement entier pour pouvoir cuisiner et ne pas être obligé de sortir à chaque fois pour manger, ce qui est à la longue fatiguant et cher! 

Quand visiter Rome ? 

Cela faisait des années que je voulais visiter Rome mais j’avais très peur du monde, et je ne savais pas quelle saison choisir pour éviter la foule. J’ai finalement opté pour la saison la plus touristique, l’été, mais où la ville se vide un peu de ses habitants qui fuient la chaleur et partent en vacances. Oui la ville est très chaude l’été, mais cela vous fait encore plus vivre l’expérience à la Romaine. L’été vous imaginez sans mal des gladiateurs transpirants sortir du Colisée acclamés par la foule, vous appréciez vraiment de vous rafraîchir à l’ombre des majestueux pins qui peuplent la ville et la rendent si photogénique et de vous abreuver aux nombreuses fontaines qui vous offrent comme récompense cette eau si claire et fraîche! Irrésistible ! A la fin, à force d’être assommé par la chaleur, vous aussi, vous avez envie de parler avec vos mains et de râler contre les vespas qui vous frôlent dangereusement sur les passages piétons. De plus, je pense que Rome est encore plus belle l’été avec sa lumière chaude et crue et ses couchers de soleil sur le forum latin.

Quoi voir à Rome?

#1# La ville antique

Le Colisée : le plus grand amphithéâtre romain encore sur pied et le monument emblématique de Rome le plus célèbre avec la chapelle Sixtine. Comptez environ deux heures de visite. L’été, beaucoup de queue en plein cagnard, donc préférez un billet coupe-file avec un horaire, c’est ultra pratique car vous accédez immédiatement au site. Je vous recommande l’audioguide, toujours intéressant pour mieux vivre sa visite, même si les explications sont nombreuses. On est agréablement surpris de découvrir à l’intérieur toute une exposition très bien faite consacrée à la vie du Colisée. Après avoir visité l’intérieur, on accède à la l’extérieur du Colisée, toujours impressionnant malgré le fait que ce soit une ruine. Le seul point négatif c’est que vous ne pouvez pas accéder au centre de l’arène sans avoir opté pour une visite guidée, mais de toute façon, seule une petite partie de cette arène est accessible car le reste est toujours en restauration et des archéologues y travaillent quotidiennement.

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Le forum romain : le centre du monde à l’époque antique a beaucoup souffert. Couplé avec le Colisée, il vaut néanmoins le coup de s’y arrêter. Ces ruines figées dans le temps et légèrement reprises pas la végétation offrent une agréable promenade romantique qui nous rendrait presque mélancolique ! On soupire à l’ombre de ces ruines si anciennes. Il est néanmoins difficile d’approfondir sa visite en plein cagnard car il n’y a aucun coin d’ombre, et surtout trop peu d’informations.

Le Mont Palatin : la célèbre colline, berceau de la ville de Rome, se présente comme un agréable parc ombragé, réconfortant après la visite éprouvante du forum romain, qui possède un musée (non compris dans le prix du billet couplé) un jardin botanique, les ruines des premières habitations de Rome, notamment celles de la maison de Romus et Romulus, encore et toujours des fontaines, et surtout une vue imprenable sur tout le centre historique de Rome.

#2# Promenade dans le centre historique

A Rome, on croit souvent qu’on peut tout faire à pied mais depuis mon hôtel, le Vatican était à 1h30 de marche! Alors il a fallut bien sélectionner les quartiers à visiter en amont. Pour la Rome antique tout est dans le même coin et ça vous prend facilement une bonne journée, pour le reste, ça se complique, alors voici une idée de balade dans le centre historique :

En métro, arrêtez-vous à l’arrêt Flaminio qui vous amène devant la piazza del popolo, la place du peuple puisque c’est ici qu’avaient lieu les exécutions publiques sous l’antiquité. Visitez l’église Santa Maria del Popolo sans oublier d’admirer La Crucifixion de Saint-Pierre du Caravage, puis remontez la via del Corso, et de part et d’autre de cette grande avenue pas très intéressante en soi car bordée de magasins perdez-vous au coeur de la Rome baroque dans le quartier Quirinale avec la fameuse fontaine de Trévi ou dans celui du quartier du Panthéon avec la piazza Navona et sa célèbre fontana dei Quattro Fiumi sculptée par Le Bernin. Revenez ensuite sur la via del Corso qui débouche sur la piazza Venezia, anciennement le Capitole sous l’antiquité, et son monument emblématique Le Vittoriano d’un blanc immaculé en hommage à Vittorio Emmanuele (le bienheureux qui unifia l’Italie!). Derrière le Vittoriano, on accède, par un escalier de marbre qui vous donnerait presque l’impression de gravir l’Olympe, à la majestueuse piazza del Campidoglio, imaginée par Michel-Ange au 16è siècle. Sur cette place se trouvent plusieurs musées et surtout une vue imprenable sur la ville antique d’un côté et la ville historique de l’autre. Prenez le temps de vous poser à l’ombre d’un pin et d’apprécier de remonter le temps. Vous pouvez ensuite redescendre tranquillement, et en profitez pour visiter la chiesa del Gesù, célèbre église emblématique de la contre-réforme non-loin du Capitole, puis de partir en quête d’un restaurant. Pour cela, je vous conseille de vous éloigner des sites touristiques et de vous perdre un peu dans les rues pavées aux abords du quartier du panthéon, pas très loin de la piazza Venezia. Vous pouvez ensuite déguster une bonne glace dans le quartier Quirinale. Pour revenir à la piazza del popolo longez le Tibre, cette fois, et s‘il vous reste de l’énergie profitez-en pour visiter l’Ara Pacis Augustae (autel de la paix d’Auguste) un bel exemple de sculpture romaine de l’époque impériale magnifiquement mis en valeur par les baies vitrées du musée qui laissent passer la lumière extérieure. 

Le petit plus de la journée : la seule chose que vous dépenserez seront des calories à force de marcher car à part l’autel de la paix d’Auguste tous les autres sites sont gratuits !

Le petit moins : difficile de se laisser happer par la dolce vita dans ces quartiers qui grouillent de touristes et de marchands qui vous abordent pour vous convaincre de manger dans leurs restaurants. On peut néanmoins accéder à la fontaine de Trévi facilement et faire son vœu (de dos, en arrière selon la tradition) puis se retourner et l’observer longuement pour en apprécier toute la beauté architecturale.

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#3# Le musée du Vatican et la chapelle Sixtine

C’est parti pour l’un des sites les plus visités au monde! Pour commencer, n’oubliez pas de réserver votre billet coupe-file sur internet qui vous fera à nouveau gagner un temps précieux et vous amènera directement à l’intérieur du musée. Libre à vous ensuite de prendre un audio-guide ou pas. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a pas uniquement la chapelle Sixtine à voir mais beaucoup beaucoup de choses alors mieux vaut un peu sélectionner ce qui vous intéresse avant car vous ne pourrez pas tout faire. Bien sûr, ce que vous voulez voir, comme tout le monde, c’est la célébrissime chapelle Sixtine, mais il faudra alors vous armer de patience car avant de vous laisser (un peu) vous en approcher, on vous fera traverser toutes les pièces du Musée par un ingénieux système de couloir qui vous donnera l’impression de faire partie d’une étrange procession. Pour résumer, quand vous entrez à l’intérieur du musée, deux parcours s’offrent à vous, le court et le long, mais même si vous optez pour le court, comptez environ trois heures tant les œuvres d’art des différentes pièces méritent qu’on s’y arrête. Mention spéciale pour les œuvres de l’Orient ancien (Egypte et Mésopotamie) que j’ai trouvées exceptionnelles, pour la salle des cartes sublimes et les chambres de Raphael, même si certaines étaient en restauration. Après avoir beaucoup piétiné, et même fait un petit peu du surplace à cause du monde, on arrive à la chapelle Sixtine. Vous êtes alors rassemblés debout au milieu de la chapelle avec l’interdiction de faire du bruit ou de prendre des photos. Les plus chanceux peuvent s’asseoir autour. Les gardiens, très stricts -j’en ai vu certains arracher le portable de touristes téméraires qui tentaient de prendre des photos en douce- vous murmurent au micro avec une voix presque hypnotique « Silence, no photos, no vidéos, respect for the place » en anglais puis en italien, tandis qu’agglutinés comme des moutons qui attendent de se faire tondre, vous vous faîtes mal au cou pour tenter d’apercevoir quelque chose du chef d’oeuvre. Mais sitôt plongé dans la légèreté du plafond céleste, la chaleur, le bruit et la foule disparaissent pour ne laisser place qu’à une vague d’émotion devant une telle beauté. Le temps s’arrête. N’oubliez pas de jeter aussi un coup d’œil aux tableaux de Botticelli et ceux du Giotto, d’une beauté tout aussi saisissante. Une fois ressorti du musée comblé mais épuisé, vous errez sans doute quelque temps comme une brebis égarée, au milieu de la place Saint Pierre, le temps de vous remettre du choc (et de la fatigue!). Sur cette même place, la basilique Saint-Pierre est gratuite et peut se visiter, mais il y a foule alors je vous conseille de réserver une visite guidée sur internet qui vous fera éviter la queue! Autre bonne idée, vous pouvez aussi réserver une visite guidée des jardins du Vatican, le billet vous donne ensuite accès au Musée du Vatican (l’inverse n’est par contre n’est pas possible : le billet du Vatican ne vous donne pas accès aux jardins!)

Pour finir votre belle journée déjà bien remplie, vous pouvez longer la grande via della Conciliazione pour jeter un coup d’œil au majestueux Castel Sant’Angelo puis longez le Tibre jusqu’au quartier de Trastevere pour vivre enfin comme il se soit le fantasme d’une Rome romantique. J’ai eu un coup de cœur pour ce joli quartier aux rues pavées, aux maisons fleuries, qui pullulent charmants restaurants, de petits cafés et de galeries d’art, même si très touristique et même bondée en soirée, c’est un havre de paix en journée. Notez que c’est dans ce quartier que se trouve la célèbre Villa Farnèse, que je n’ai pas eu le temps de visiter. Traversez ensuite l’isola Tiberina pour terminez vos pérégrinations dans le Ghetto, le quartier juif de Rome à l’ambiance très médiévale. Promenez-vous dans la Via del Portico d’Ottavia, la rue la plus pittoresque de Rome, cherchez un café ou un glacier pour vous restaurer et surtout profitez du décor, à l’écart de la foule et de toute beauté, ça fait un bien fou !

#4# Rome hors des sentiers battus

Puisque vous commencez à bien maîtriser votre sujet, et à connaître Rome comme votre poche, je vous amène ce matin dans une visite qui s’éloigne un peu de l’ordinaire : celles des catacombes de la ville! Je vous l’accorde, cette visite ne sera pas la plus romantique de votre séjour, mais elle vous offrira une expérience différente. Mais pourquoi visiter des catacombes me direz-vous ? Et bien d’abord parce qu’elles sont le témoignage unique des premières tombes chrétiennes de l’histoire, grâce à elles s’amorça la transition d’une Rome païenne à une Rome Chrétienne, fondant ensuite le plus grand empire catholique de tous les temps ! Et puis surtout parce que visiter ces tombes anonymes qui datent d’il y a plusieurs années a quelque chose de terriblement émouvant, non? C’est un nouveau saut dans le temps que l’on fait, et au frais cette fois ! Les deux catacombes que vous pourrez visiter à l’extérieur de la ville sont celles de Saint Calixte et celles de Saint Sébastien et se trouvent sur la via appia antica. Pour la rejoindre, vous pouvez prendre un bus depuis le site du Colisée. Vous y êtes en une vingtaine de minutes. La rue pavée est très agréable mais vous n’aurez pas grand chose pour vous restaurer, donc prévoyez le coup, ensuite choisissez vos catacombes ! Pour ma part, j’ai opté pour celles de Saint Sébastien qui sont les plus visitées mais aussi selon moi les plus complètes, puisque vous visiterez la crypte de Saint Sébastien, mais également trois hypogées païens, et pour finir une basilique dédiée à Saint Sébastien. Sachez que la visite guidée est obligatoire (seul vous risqueriez de vous perdre pour toujours dans ces catacombes labyrinthiques) mais grandement appréciable. Ma guide, très croyante, était particulièrement émouvante. De plus, notez que le prix est peu élevé, environ 6euros. Plongé dans l’atmosphère si particulière de ces catacombes, vous admirerez l’architecture astucieuse de ces sous terrains, vous tomberez sur des plaques nommant de parfaits inconnus morts il y a des milliers d’années, et vous apercevez sur certains tombeaux les toutes premières iconographies chrétiennes, un poisson ou une colombe, impressionnant ! Mais le clou du spectacle sera sans nulle doute la visite des hypogées païens, incroyablement bien conservés, grâce à la construction de la basilique, au-dessus, et toujours partiellement recouvert de fresques datant du VIe siècle Avant Jésus-Christ ! Personnellement je n’avais rien vu de plus ancien.

Deuxième expérience hors des sentiers battus pour l’après-midi et cette fois en plein cœur de Rome : il s’agit de la visite guidée de la Villa Médicis au parc Borghèse. Accessible depuis la station de métro Flaminio, la même qui vous dépose en face de la piazza del popolo, vous pouvez flâner une après-midi dans ce fabuleux parc qui regorge de musées, de sentiers de promenade, et d’espaces ombragés où se reposer loin du tumulte de la ville. J’ai choisi de visiter la villa Médicis pour en savoir plus sur ce petit bout de France en plein cœur de l’Italie. Là encore, la visite guidée est obligatoire, à moins que vous ne fassiez juste un tour dans l’exposition temporaire en soi très intéressante. La visite de la villa et de ses jardins fut très instructive. Pourquoi visiter cette villa, plutôt que les nombreuses autres villas de la ville ? Peut-être parce que nous connaissons tous la Villa Médicis de nom mais que la visiter permet vraiment d’en savoir plus sur son histoire. Durant 1h30 vous entendrez parler des Médicis, des Bourbons, de Louis XIV, vous déambulerez des jardins aux appartements de la villa, vous aurez une vision claire de son projet artistique, telle que le voulait Louis XIV et comment il a évolué jusqu’à aujourd’hui. Vous bénéficierez en prime d’une des plus belles vues du centre historique depuis les jardins de la villa.

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Votre séjour à Rome s’achève avec regret, mais elle vous offrira une parenthèse enchantée, un voyage dans le temps riche de culture, d’art, de gastronomie, où vous aurez un peu saisi l’ambiance d’une grande ville d’Italie du sud, et qui, je l’espère, vous ouvrira la porte à beaucoup d’autres voyages dans la capitale. Et vous quelle est votre expérience de Rome?

Budget 

Vol : 150euros vol aller-retour avec Ryanair Marseille/Rome-Fiumicino pour deux. Rajoutez 25 euros par vol pour voler avec deux bagages en cabine.

Logement : 200euros pour 5 nuit dans ma petite pension près de Pigneto à 30 minutes à pied du Colisée. Rajoutez 35 euros de taxes locales.

Nourriture : environ 6 euros la pizza Margherita dans les restaurants mais vous devez rajouter les couverts, la plupart du temps 1,50euros par personne. Notez également que l’eau n’est pas gratuite, contrairement en France. Le plat de pâtes est un peu plus cher, à partir de 8euros, et n’est pas toujours très copieux ! En effet les Italiens le mangent en primi pasti et l’accompagnent souvent d’un secondi pasti (viande ou poisson) dans les restaurants. (Mais cela revient souvent très cher de prendre les deux!) Mon astuce si vous en avez marre des pizzas est de prendre une caprese (salade de tomates et de mozzarella) servi avec du pain, il vous calera en soirée et ne vous fera déboursez que 5 euros. Côté boisson, 3,50 euros le coca-cola de 50cl au centre de Rome alors que vous trouverez la bouteille d’1L à moins de 2euros en grande surface, c’est du vol! Préférez vous abreuver sainement aux fontaines qui pullulent au quatre coins de la ville. Les glaces aussi sont chères, environ 4 euros la glace deux parfums derrière la Fontaine de Trévi quand je pense qu’en Italie du nord j’en mangeais la même quantité tous les jours pour 1,50euros, cela me fait conclure qu’à Rome les prix sont injustement décuplés.

Sites : 

Billet coupe-file Colisée-forum romain-Pallatin : environ 20 euros par personne (sans audio-guide)

Billet coupe-file Musée du Vatican et Chapelle Sixtine : 21 euros par personne (sans audioguide)

Catacombes de San Sébastien : 8 euros l’entrée plein tarif.

Visite guidée de la Villa Médicis : 12 euros l’entrée plein tarif.

Detroit : histoire d’une faillite

La ville de Detroit dans le Michigan est la première grande ville américaine à avoir officiellement été déclaré en faillite. C’était le 18 juillet 2013, après avoir cumulé depuis des années une dette devenu impayable d’environ 18,5 milliards de dollars.

Le déclin de la ville commença dans les années 50 quand les entreprises entamèrent leur exode vers des régions plus dynamiques. A cette époque le taux de chômage atteignait déjà 10%. La ville sombra définitivement dans les années 1970 avec la fermeture de l’usine automobile Packard, marque de voiture de luxe. Cette fermeture marque l’effondrement des recettes fiscales, la dégradation des services publics, et précipita la ville en situation de faillite. Les 47 bâtiments qui composaient la friche devinrent un lieu d’exploration urbaine, de pillages et de vandalismes, l’usine s’érigeant désormais en symbole du déclin de la ville. A la même période, de nombreux centres commerciaux, bibliothèques, hôtels et banques furent désertés et laissés à l’abandon, laissant un paysage post-apocalyptique. Un peu plus tôt, Detroit avait connu les plus grandes et les plus meurtrières émeutes de l’histoire des Etats-Unis qui la fragilisa davantage. En plein mouvement des droits civiques, les noirs pauvres du sud qui avait émigré lors de la grande dépression s’insurgea contre le racisme dont elle était victime. Une descente de police en juillet 1967 mit le feu aux poudres. Les émeutes durèrent cinq jours, firent de nombreux morts, et détruisirent plus de 2000 bâtiments. Detroit devint une des villes les plus dangereuses des Etats-Unis, s’illustrant par son taux de criminalité record. Une grande peur s’empara des habitants blancs qui quittèrent massivement la ville. Cet exode des classes moyennes blanches en réponse à la désindustrialisation fut nommé le white flight. On observa alors à Detroit un phénomène de périurbanisation et d’étalement urbain à fort caractère racial. La ville passa d’1,8 millions d’habitant en 1950 à environ 700 000, avec 82% d’habitants afro-américains, et un habitant sur trois vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Du fait de sa perte d’activités, d’investissements et de population, Detroit fut qualifiée de skrinking city ou ville rétrécissante, un phénomène urbain qu’on observa dans certaines villes etats-usiennes et allemandes dans les années 1970-1980. Ce phénomène de rétrécissement urbain touche les villes sur trois plans: démographique, perte de population ; économique, perte d’activité, de fonctions, de revenus et d’emplois, et social, développement de la pauvreté urbaine, du chômage et de l’insécurité. Elle correspond à un tissu urbain surdimensionné par rapport au nombre d’habitants, et peut se concentrer sur certains quartiers. On parlera alors de skrinking neighborhoods qui correspond souvent au ghetto noir des villes du nord-est.

La ville, autrefois berceau de l’industrie automobile -c’est dans l’usine Ford de Highland Park près de Detroit que le travail à la chaîne fait son apparition au début du XXème siècle- cœur du Motown, -compagnie de disque américaine crée le 12 janvier 1959 par Berry Gordy, visant à séduire à la fois le public blanc et noir à travers un mélange de soul et de pop et qui fit germer entre autres le talent de  Michael Jackson- n’est plus que l’ombre d’elle même, laissant la porte ouverte à la violence, aux vandalismes, et à de sordides préjugés à son encontre.

Detroit est désormais caractérisé par la perte de population, de valeurs économiques, d’infrastructures, d’investissements, de sécurité et d’urbanité dont le résultat inéluctable est le vide, la catastrophe et la ruine.

Face à cette déchéance, la question se pose de savoir ce qui reste à la ville, ce qui est encore possible à Detroit, après ça?

La solution pour sortir la ville de la faillite réside dans la faillite même, car après avoir touché le fond, que reste-t-il si ce n’est l’ère de la reconstruction, l’ouverture de tous les possibles, à travers l’émergence d’une nouvelle ville ou d’un nouvel état de la ville, un état irréel. C’est ce qu’a conceptualisé l’urbaniste J;K Gibson Graham dans son livre « The unreal estate of Detroit » qui résume l’ensemble des cultures urbaines alternatives de la ville.

« L’état irréel » c’est un ensemble de territoires urbains qui n’appartiennent plus au marché économique, mais à un tout autre système de valeur. L’appropriation de ses territoires est uniquement possible par l’espace urbain immédiatement disponible de Detroit, de ce que la ville est, et peut être, favorisé en ces temps de crises. Ainsi la crise urbaine n’apparaît négative et dévalorisé que si on la prend sous le prisme de la loi du marché, mais elle peut prendre de la valeur, à travers la pratique d’un urbanisme alternatif. En ce sens, on ne parlera plus de crise urbaine, mais de possibilité urbaine à travers l’art, les jardins communautaires, les fermes urbaines, les plateformes culturelles, les missions évangéliques, les espaces publics, les communautés de quartier, l’état irréel appelle moins d’économie, et plus de créativité, de solidarité et de ressources environnementales.

La ville reprend espoir à l’aide de nouvelles valeurs, et permet de repenser l’urbanisme aux Etats-Unis à travers l’ère de la désindustrialisation. La notion de propriété privé que sous entend l’enfermement est critiqué. Les lieux en ruines, désagrégés qu’offrent la ville défient l’enfermement spatial et évoluent dans un intervalle spatial et temporel entre la faille historique de la production industrielle moderniste et la possible émergence d’un postmodernisme urbain.

L’absence de valeurs de l’état irréel prend le risque d’être un jour récupéré par d’autres valeurs mais elle est unique.

8 Miles

8 Miles c’est la limite imaginaire entre les noirs et les blancs ou entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne l’ont pas. C’est un peu caricatural, mais c’était assez vrai. Vous avez ceux qui vivent dans les 8 miles, et ceux qui vivent au delà des 8 miles. Entre ces deux pôles, une simple rue, un block qui fait tout basculer sitôt que vous le traverser. Mieux vaut ne pas vous aventurer au delà des 8 miles la nuit, ou vous signerez votre perte.

80% de la population est afro-américaine à Detroit. Mais si vous vous promenez downtown, les seuls noirs que vous verrez seront les SDF. Les fameux artistes, musiciens businessmen qui viennent redonner de l’élan à la ville sont blancs, désespéramment blancs. La ville est en train de se refaire une santé, sans pour autant changer quoi que ce soit à ce système.

Elle avait pourtant été prévenu et avait déjà trinqué lors d’impressionnantes émeutes en 1967, alors que les afro-américains venant du sud s’étaient insurgés contre ce système de « caste » et avaient provoqué les émeutes les plus sanglantes de toute l’histoire des Etats-Unis. Les blancs, effrayés, avaient alors migrés dans des suburbs. Encore aujourd’hui tous les gens qui ont de l’argent vivent autour de Detroit dans des banlieues chics et ne viennent en centre ville que pour travailler. Sitôt le boulot fini ils rentrent chez eux, et continuent d’être complètement effrayés par la ville. C’est assez impressionnant et assez triste de se dire que même à 10 minutes de Detroit, certains continuent de croire que la ville est toujours en ruines, incapable d’ouvrir les yeux et de se rendre compte de tous les efforts qui ont été fait ces dernières années.

Il y a beaucoup d’étudiants qui vivent à l’intérieur de Detroit, et j’imagine que c’est ce qui donne cette ambiance si festive, dynamique et artistique. L’université de Michigan est l’une des meilleures du pays, vous avez l’école de droit, de dentiste. Midtown est littéralement le quartier étudiant avec des dizaines de logements d’étudiants qui jalonnent le principal boulevard.

La ville a été déclarée en faillite le 18 juillet 2013. Bien sur, ceux qui l’ont payé le plus cher sont les afro-américains qui n’avaient pas les moyens de partir, et qui se sont retrouvés à vivre dans des taudis, parfois dans la rue. Cette pauvreté est un vrai problème. Je n’ai jamais vu autant de sans-abris de ma vie, et je ne connais pas ce qui a été mis en place pour eux, mais ça semble minime.  Les églises servent des repas gratuits, certaines associations sont venus s’implanter, mais pas de réel « gros plan de sauvetage » mis en place, alors que ça parait urgent.

Donc je dirais que l’énergie de la ville est extraordinaire et nécessaire mais parfois, mais il y a aussi ce petit côté agaçant ou la ville tend à fermer les yeux sur sa pauvreté pour s’enfermer dans son rêve « bobo ». Un exemple particulièrement horrible à mes yeux. L’ouverture d’un magasin chic de cuir et de vélo nommé Shanola complètement snob et inutile en plein Midtown alors que deux blocs plus loin il y a un parc rempli de sans abris, what’s the point??

Néanmoins certains projets artistiques tentent d’avoir une connotation sociale. C’est le cas du Heidelberg Project. Un ovni en la matière. Quatre pâtés de maisons réquisitionné dans un quartier défavorisé pour mettre en place une sorte de parc artistique constitué d’objets récupérés dans les maisons désertés, de vieilles portes de voitures trouvés dans l’ancienne usine Ford, de murs de maisons brûlés, l’ensemble étant représentatif d’un « ancien Detroit ». L’association organise des visites de son « parc » et des ateliers pour les enfants afin de les éveiller à l’art.

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So much going on!

Comment résumer deux semaines à Detroit? Je ne sais pas, le fait est que je suis passée par plein d’états émotionnels. Je suis arrivée fatiguée, et un peu sur la défensive. Depuis New York mon voyage avait un aspect mécanique, j’allais de ville en ville sans me sentir réellement connectée. Parfois je me demandais même ce que je faisais toute seule si loin de chez moi. Je n’avais plus confiance. Et puis je suis arrivée à Detroit, et là j’ai compris pourquoi c’était si important de voyager, et pourquoi j’avais absolument raison de le faire. Immédiatement j’ai retrouvé cette connexion si précieuse et si belle, cette harmonie avec les gens et les espaces. Non seulement mes couchsurfeuses étaient top, mais en plus j’étais dans une ville géniale! Et là mon voyage est devenu très très intéressant, chaque journée était une nouvelle aventure. C’était à la fois excitant et épuisant. Même quand je voulais me reposer, je ne pouvais pas. Une fois j’ai voulu aller lire et écrire à la « public library » mais quand je suis arrivée, on m’a dit qu’il y avait un concert de jazz gratuit au rez de chaussée, et je me suis parmi dans la foule. Sans compter tous les nombreux évènements VIP : Le passage d’Eminem pour une projectoire de son film 8 miles à l’intérieur du vieux théâtre français, le concert gratuit d’Aretha Franklyn en hommage à sa mère et à son frère, le tournage du nouveau Batman etc…c’était la folie!

Mes couchsurfeuses étaient tout comme moi avides de découvrir tous les trésors cachés de Detroit. On passait des heures à rouler dans les quartiers malfamés à la recherche de vieilles ruines intéressantes, on a du faire ensemble tous les tours d’architecture possible et imaginables. Tous les soirs on sortait et on rencontrait des musiciens, des artistes, des collectionneurs, on parlait à tout le monde et tout le monde venait nous parler. On avait qu’à dire qu’on adorait Detroit et on nous laissait entrer n’importe ou. Le soir on rentrait chez nous, et on faisait des plans sur la comète : créer une émission de télé, écrire un livre, monter un club, tout nous semblait possible parce qu’on était à Detroit et que la ville avait besoin de nous et de notre énergie.

C’était merveilleux de sentir une telle énergie artistique, une telle solidarité, une telle profusion d’amour et d’envie dans le but de « redorer le blason de la ville. »

Ci dessous le meilleur de Downtown : le Guardian Building d’inspiration aztèque, le plafond du musée d’art, et la devanture du Fox theatre qui propose les shows de Broadway

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Une ville dans la ville

Si vous tapez « visite des ruines de Detroit » sur internet, vous tomberez sur un site qui vous propose des visites de plusieurs ruines de la ville, ainsi qu’une carte des ruines de Detroit qui est en soi une idée assez fascinante et qui change du traditionnel downtown/midtown/vieille ville (http://www.detroityes.com/fabulous-ruins-of-detroit). Certaines ruines sont très accessibles, et ouvertes au public, quand d’autres demeurent plus mystérieuses. Il faut aller à leur rencontre soi même au risque de se retrouver nez à nez avec un chien errant ou un clochard.

Quelques articles : http://www.courrierinternational.com/article/2014/01/09/detroit-ses-ruines-ses-touristeshttp://www.slate.fr/monde/81619/touristes-ruines-detroit ; http://www.lefigaro.fr/culture/2013/11/22/03004-20131122ARTFIG00288-l-art-fleurit-sur-les-ruines-de-detroit.php

J’ai donc eu la chance de visiter le célèbre théâtre français de la ville désormais en ruine et transformé en parking! cet exemple est typique d’un concept nommé « The unreal estate of detroit » (du livre du même nom) et qui fait référence à la façon dont des lieux mourant, à l’abandon ont été transformé soit en endroits fonctionnels, soit en lieux à grande valeur esthétique et artistique plébiscités par le cinéma. Combien de ruines n’ai-je pas pu visiter à cause de tournage, l’exemple le plus célèbre étant la gare désaffectée dans laquelle ils tournaient le nouveau Batman. C’est la première fois de ma vie que j’enviais réellement les acteurs!

Tant pis pour cette fois, je me suis vengée en visitant des ruines « interdites d’accès » (en théorie) qui sont de simples écoles, buildings, églises en grand nombre et qui sont passés de lieux d’une banalité affligeante à des endroits mythique post-apocalyptique progressivement repris par la végétation.

Voici quelques photos du théâtre français, et d’autres lieux plus anonymes

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Say nice things about Detroit

Ça fait une semaine à peine que j’ai quitté Detroit, Michigan, et je n’en reviens toujours pas, j’ai l’impression de m’être prise la claque artistique et émotionnelle de ma vie. En fait je suis sonnée, je ne sais pas par ou commencer, car il y a tellement, tellement de choses à dire.

Quand je pense que je redoutais de venir, que j’avais peur à cause de sa « réputation » de ville à la dérive, ruinée, abandonnée aux mains des gangs, ça me fait presque sourire maintenant.

J’avais prévu de passer à Detroit 3, 4 jours car c’était sur mon chemin pour Chicago, et je suis finalement rester 2 semaines qui furent bien trop courtes.Parfois je maudis ma gourmandise. Je veux tout voir, tout faire, brasser des kilomètres, mais dans le Michigan, j’étais heureuse, alors qu’est-ce-qui m’empêcher d’y passer un mois?

Peut être que la raison pour laquelle je suis finalement partie, c’est que je voulais que la ville garde son aura, et j’avais trop peur de finir par être déçue et blasée, ou bien de réaliser que j’avais rêver.

Ainsi, j’ai continué ma route à Chicago, à la Nouvelle Orléans, mais quelque chose manque à mon voyage : le privilège d’avoir pu être le témoin de la renaissance d’une ville.

je joins quelques photos bien que je ne sois pas sure que cela parle à quiconque et rende vraiment bien, comme on dit « il faut le voir pour le croire » mais la ville est célèbre pour ses peintures murales. De nombreux artistes viennent à Detroit et embellissent la ville qui se transforme de semaine en semaine. De haut en bas : peinture « Love » dans le quartier de Corktown (la vieille ville) la peinture « arc en ciel » une des plus grandes de la ville qui prend toute la façade d’un immeuble, la peinture murale de Rivera au DIA (musée d’art de Detroit) qu’il a réalisé en hommage aux « blouses bleues » lors de la grande dépression, la peinture d’un être hybride qui fait référence aux trois équipes sportives de Detroit : le tigre pour le baseball, le lion pour le football et l’aigle pour le hockey,  la peinture qui rend hommage à Aretha Franklyn, originaire de Detroit et Ray Charles, et la dernière peinture tout récemment réalisé dans le nouveau centre de recyclage de la ville transformé en un lieu artistique alternatif nommé « monomyth »..

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Système contre système

Je profite de ce blog pour vous faire un petit topo sur le système éducatif Québecois, ou en tout cas sur ce que j’en ai compris.

Ce qui change vraiment à mes yeux dans l’école québécoise, c’est la façon dont les établissements se différencient les uns des autres. Entendons-nous bien, en France, nous avons le public/ le privé, tous régi par un seul et même programme établi par le ministère de l’éducation nationale. Après il y a toujours le système des options, des classes européennes, mais on peut pas dire que ça joue beaucoup sur la mise en avant de tel ou tel établissement. Non ce qui va faire qu’on va plutôt choisir ce collège/lycée plutôt qu’un autre c’est 1) Le niveau général et les résultats au brevet ou au bac, 2) la réputation, 3) l’emplacement géographique. Notre choix se porte rarement sur le contenu lui même, puisqu’il est uniforme.

Or au Canada, sachez déjà que le programme peut radicalement changer d’une province à l’autre (c’est à dire que ce n’est pas le même socle de base au Québec et en Ontario) sachez également que chaque établissement a sa propre spécificité. Tel établissement peut être coté pour son super cours d’art, tel autre pour sa bonne spécialisation en mathématiques, encore un autre pour le nombre de ses sorties scolaires, cela quel que se soit l’école publique ou privée. En gros, chaque école a sa propre identité, et le programme lui même est extrêmement flexible. Donc l’élève peut choisir de se spécialiser dès l’école primaire tant tel domaine s’il est sur de son choix. Autant faut-il vraiment savoir ce qu’on veut, ce qui n’est pas toujours évident.

Ce n’est pas à l’élève de s’adapter à l’école et à son programme comme en France, c’est l’école qui s’adapte à l’élève. Vous avez ainsi des écoles pour les surdoués, pour les handicapés, pour les dyslexiques etc…avec à chaque fois des méthodes appropriés, ce qui fait que l’enfant est à peu près sur de s’épanouir quelque part, ou en tout cas a plus de choix qu’en France ou si l’élève ne supporte pas le collège et son programme dès son entrée en 6ème, et bah il prend sur lui et il tient bon jusqu’à sa 3ème!

La façon d’enseigner est également totalement différente. Nous en France, on est les champions du contenu, de la finesse, et de l’esprit critique poussé à l’extrême. Les programmes sont surchargés, tournés vers le passé qu’on glorifie, on gobe des litres de culture, et on apprend à débattre, à argumenter, à disserter. A côté de ça, je dirais pour caricaturer qu’on voit tous qui est Van Gogh, Cézanne et Monet mais qu’on est bien incapable de lacer nos chaussures. Hé oui le côté pratique, c’est pas notre fort, et ça fait qu’on se complique souvent la vie au lieu d’aller à l’essentiel et de donner à l’élève  des clés pour savoir se débrouiller dans la vie!

Bref vive le système québécois et pour illustrer cet article quelques photos d’animaux du parc Oméga, à 1heure de route de Montréal

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Féerie québecoise

Je suis à Montréal depuis presque une semaine. A peine arrivée dans le centre le premier jour, j’ai l’impression de rêver. Que de gens civilisés par rapport à New York! Je me balade dans la vieille ville et je n’en reviens pas. Mais on dirait bien que les gens prennent leurs temps, on dirait bien que les gens déambulent. Ils se parlent tranquillement, et se regardent dans les yeux, les voitures laissent passer les piétons, tout le monde resplendit, a l’air heureux. Je rentre dans un café, la vendeuse me tutoie, me dit de ne pas m’inquiéter, si je ne sais pas quoi choisir, elle va m’apporter la carte et venir me conseiller. Et puis elle arrive avec tous ses gâteaux, se met à faire des blagues, elle rayonne.

Les Québecois sont adorables. Enfin ceux que j’ai rencontré en tout cas. Ils savent vous mettre en confiance, ils vous sourient de toutes leurs dents et vous vous sentez bien. Ils ont le visage rose, les joues gonflées, les yeux qui pétillent, ils se dandinent quand ils parlent avec leur accent, et ont ce sourire ultra candide. Ils sont cools, accessibles. Enfin je me sens connectée!

Montréal par rapport à New York est un village. Mais c’est une ville jeune, dynamique et culturelle avec plein de festivals gratuits de théâtre, de cirque et de jazz vers mai-juin, avec des quartiers qui regorgent de peintures urbaines, de cafés, de friperies et de librairies (des dizaines rien que sur l’avenue du Mont Royal!!) On se sent juste bien içi, on a pas besoin d’un grand musée d’art ou d’une CBD!

Le Québec par rapport à la France a clairement la pêche! Ici on se plaint pas, on serre les dents, et on continue le combat. Pas le choix de toute façon, surtout quand on a -28 degré pendant 6 semaines l’hiver. Ici si vous perdez votre emploi, vous touchez le chômage un an pas plus, mais vous vous bougez, et quand vous travaillez, vous faites du bénévolat parce que vous avez conscience de la chance que vous avez et vous vous souciez des autres. Ici quand vous voulez monter votre entreprise que ce soit de pâtisserie ou d’informatique, que vous ayez ou non l’argent, les contacts ou même la formation, on ne vous fait pas douter, on essaie pas de vous décourager, ou de vous « faire entendre raison », on vous dit « t’as raison, fonce, c’est génial, envole toi! » Ici si vous voulez vous diversifier, cumuler les emplois, c’est possible parce que le système le permet, parce que tout est plus facile, et surtout moins rigide!

Après je ne veux pas faire de généralités, mais j’ai discuté pendant une semaine avec des expatriés français, et avec la famille de mon parrain qui m’héberge, et ma conclusion c’est que les gens ici restent positifs et respirent.

Quelques photos de la « Ville-Marie »

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